Des milliers de Français disent «non» au nucléaire

PONT DE L'EUROPE, FRONTIERE FRANCO-ALLEMANDE, STRASBOURG, 25 AVRIL 2011. Les manifestants se sont couchés sur l'asphalte pour former un «die in». 

Un quart de siècle s’est écoulé depuis l’accident de la centrale ukrainienne de Tchernobyl, en Ukraine. Mais le souvenir de la plus grosse catastrophe nucléaire civile a été ravivé par l’accident survenu le 11 mars à Fukushina, au Japon.

Si le monde commémorera mardi le désastre de Tchernobyl, des milliers de manifestants se sont rassemblés en France dès ce lundi pour dire au nucléaire, rejoints par des Allemands le long du Rhin ou à Cattenom (Moselle), mais aussi en Aquitaine et en Bretagne.

En milieu de journée, etre 6 000 à 9 000 manifestants français et allemands – selon les organisateurs, mais 700 seulement selon la police – se sont rassemblés sur le pont de l’Europe enjambant le Rhin et reliant Strasbourg à Kehl. Au son des sirènes, les protestataires, qui arboraient des drapeaux japonais ou ukrainiens, se sont couchés sur l’asphalte pour former un «die in». Ensuite, ils ont jeté des fleurs dans le Rhin pour rendre hommage aux victimes de ces deux accidents nucléaires majeurs.

Nicolas Hulot présent, mais discret

Tous réclamaient la fermeture de la centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim, la plus ancienne en exploitation en France. Les organisateurs ont également ironisé sur le fait que, à en croire des spécialistes officiels français de l’époque, le nuage radioactif de Tchernobyl se serait arrêté en 1986 à la frontière allemande.

Le candidat écologiste à la présidentielle Nicolas Hulot a participé à cette manifestation, mais il n’a pas pris la parole publiquement. Beaucoup n’ont pas caché leur méfiance et ont ironisé sur le caractère très récent de la «conversion» antinucléaire de l’ancien animateur de l’émission télévisée Ushuaïa. En aparté, il a expliqué à des journalistes que la sortie du nucléaire était désormais «un objectif prioritaire», soulignant que la catastrophe de Fukushima avait achevé de le convaincre sur ce point.

Alors que le gouvernement français a ordonné un audit de toutes les installations nucléaires du pays, cinq autres manifestations antinucléaires devaient avoir lieu en même temps sur d’autres ponts sur le Rhin, entre Bâle (Suisse) et Strasbourg.  En Moselle, un rassemblement a lieu près de la centrale de Cattenom.

Rassemblement à Cattenom. Français, Luxembourgeois et Allemands au moins 2 000 personnes, selon la préfecture, ont manifesté près de la centrale de Cattenom, en Moselle. Cette centrale dispose de quatre réacteurs de 1 300 mégawatts chacun, mis en service entre 1986 et 1992, il s’agit de la septième centrale au monde en puissance installée, et de la deuxième en France pour sa production d’électricité. Elle est voisine du Luxembourg et de l’Allemagne.

Pique-nique à la centrale du Blayais.  En Aquitaine, de 600 à 1 000 personnes, selon la gendarmerie et les organisateurs, ont pique-niqué face à la centrale nucléaire du Blayais, au nord de Bordeaux. Les manifestants ont demandé la fermeture de cette centrale, qui aura 30 ans en juin, et de «tous les réacteurs de plus de trente ans». Le président de l’association Tchernoblaye affirme qu’elle est «l’une des plus dangereuses de France» car «elle est inondable, ainsi que sa route d’accès, comme l’a montré la (tempête) de décembre 1999».

Manifestation à Brennilis. En Bretagne, quelque 800 personnes, selon les organisateurs, se sont rendues en cortège dans une ambiance bon enfant devant la centrale nucléaire de Brennilis (Finistère). Réacteur expérimental à eau lourde construit dans les années 1960, Brennilis a cessé de fonctionner en 1985 mais son démantèlement, qui s’est révélé beaucoup plus complexe que prévu, n’est toujours pas achevé 25 ans plus tard.

source : leparisien.fr

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