Montée du FN : le PS attaque Sarkozy, l’UMP minimise

Marine Le Pen arriverait en tête du premier tour de la présidentielle, selon le sondage Harris Interactive pour «le Parisien» - «Aujourd'hui en France» paru ce dimanche.Marine Le Pen arriverait en tête du premier tour de la présidentielle, selon le sondage Harris Interactive pour «le Parisien» – «Aujourd’hui en France» paru ce dimanche. | Philippe Huguen

Marine Le Pen donnée pour la première fois en tête du premier tour de l’élection présidentielle de 2012 avec 23% des suffrages, par un sondage exclusif publié ce dimanche dans le «Parisien» – «Aujourd’hui en France».

 Cette enquête résonne comme un coup de tonnerre pour la droite et la gauche, tandis que la présidente du Front national triomphe.  «Je pars pour gagner, je ne pars pas pour faire de la figuration ni pour témoigner, je veux porter mon projet et appliquer les solutions qui sont celles du Front national», a plastronné la présidente du FN ce dimanche sur i-Télé.

A gauche, le Parti socialiste tire à boulets rouges sur Nicolas SarkozyFrançois Hollande appelle, lui, au rassemblement pour éviter un nouveau 21 avril.

A droite, on relative les résultats d’un sondage à 14 mois de la présidentielle. Certains, comme Dominique Paillé, secrétaire national de l’UMP, jugent pourtant que le risque est réel d’être absent au second tour.

Concurrent potentiel de Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, qui a rendu sa carte de l’UMP, voit dans cette enquête «la sanction d’une politique qui n’a pas de résultat». Il sera reçu ce lundi par le chef de l’Etat pour la deuxième fois en quinze jours. Officiellement pour échanger sur le prochain conseil européen et la situation dans les pays arabes.

Les réactions à notre sondage au rythme des rendez-vous politiques de ce dimanche

Villepin : «Une colère devant la non prise en compte des préoccupations.» 
Selon l’ancien Premier ministre, interrogé sur sur I-télé/France Inter/Le Monde/Dailymotion, «le Front national monte (…), je crois que c’est la leçon qu’il faut retenir. Quelque part on peut avoir le sentiment que beaucoup a été fait pour cela. C’est d’abord la sanction d’une politique qui n’a pas de résultat et c’est la sanction de l’abandon de la question sociale au profit de la question identitaire.»  Dominique de Villepin, qui a rendu sa carte de l’UMP, interprète ce sondage comme l’expression d’«une colère devant la non prise en compte des préoccupations quotidiennes des Français». Interrogé sur les propos de la secrétaire d’Etat aux Solidarités, Marie-Anne Montchamp, ex-porte-parole de son parti, qui lui a demandé de «ne pas être candidat» en 2012 pour ne pas favoriser «la candidate Marine Le Pen», le président de République solidaire a répondu : «Je pense exactement l’inverse. La réponse face à une montée du Front national, c’est l’engagement, c’est la conviction, c’est la République et ce n’est quand même pas ceux qui ont tiré la sonnette d’alarme depuis quatre ans qui doivent aujourd’hui s’effacer.»

Rama Yade n’est pas étonnée. L’ancienne ministre, désormais sous l’étiquette du Parti radical, n’est pas étonnée par les résultats de notre sondage. «Marine Le Pen donne le ton dans l’ordre du jour politique et nous (UMP) on a suivi, notamment concernant l’islam», a réagi Rama Yade, invitée de «Soir 3» sur France 3. «On sent que c’est sur l’absence de réponses concrètes, ambiteuses que Marine Le Pen prospère.» Et d’autant que la patronne du FN est «moins caricaturale que son père». Pour elle, «l’important, c’est que l’UMP réponde à la souffrance sociale», auquel cas «ni Jean-Louis Borloo, ni Hervé Morin, ni tous les autres n’auront besoin de se présenter».

Cahuzac : «J’ai la conviction que DSK sera candidat». Invité du Grand jury RTL/LCI/«Le Figaro», le député PS strauss-kahnien Jérôme Cahuzac constate que ce sondage «n’est pas bon pour la gauche en général et pas bon pour Martine Aubry en particulier». Pour le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, «il y a une sorte de plafond de verre que(Martine Aubry) n’arrive pas à franchir parce que les Français souhaitent un candidat qui manifestement n’est peut-être pas elle». Il a répété sa préférence pour DSK : «Je souhaite qu’il soit candidat, j’ai la conviction qu’il sera candidat.»

Montchamp demande à Villepin de ne pas être candidat. La secrétaire d’Etat aux Solidarités, Marie-Anne Montchamp, ex-porte-parole du parti villepiniste République solidaire, «en appelle solennellement au rassemblement, à la responsabilité républicaine dans la famille politique qui est la mienne et c’est la raison pour laquelle j’ai fait des choix. Je demande à Dominique de Villepin de ne pas être candidat et d’apporter à la famille politique qui est la nôtre, la sienne comme la mienne, les talents qui sont les siens», a déclaré dimanche sur RCJ la députée UMP du Val-de-Marne. Selon Mme Montchamp, «hors de cette famille-là, ses idées ne pourront pas prospérer, elles n’auront qu’une conséquence, favoriser des scores anormaux, je dis bien anormaux, de la candidate Marine Le Pen».

Jean-Marie Le Pen : «La vague bleue Marine est une vague de fond». 
L’ex-président du Front national se félicite du résultat obtenu par sa fille dans notre sondage. Saluant «les qualités personnelles de Marine», Le Pen estime que ce sondage réflète aussi «une prise de conscience des Français». Avec ses yeux, à 14 mois de la présidentielle,
«La vague bleue Marine est une vague de fond (…). Marine a de très belles chances d’être au second tour et même de surclasser son adversaire au second tour». 

François Hollande appelle la gauche au rassemblement. «Alors que nous avons tous, non pas ce sondage en tête, mais le souvenir du 21 avril 2002, est-ce que nous pouvons continuer à nous présenter aux élections avec sept, huit et parfois davantage de candidats de gauche ? Est-ce que nous pouvons rester comme ça, séparés, dispersés, dans un premier tour ?, a demandé le probable candidat aux primaires socialistes, lors d’un déplacement dans le Val-d’Oise pour soutenir le candidat PS aux élections cantonales.

Jean-François Copé appelle à la prudence.
 Invité du Forum Radio J, le secrétaire général de l’UMP conseille de ne «pas surinterpréter» ce sondage. Sur la ligne de la majorité présidentielle, il recommande le sang-froid, prévenant que «d’autres sondages comme ça» paraîtraient d’ici à mai 2012. Mais le député-maire de Meaux a tout de même tenté de dégonfler la tentation frontiste. «Tout le monde sait, y compris ceux qui aujourd’hui manifestent leur intention de voter Le Pen, que voter Front national c’est être assuré qu’on ne vote pas pour quelqu’un qui apportera des solutions mais simplement qui mettra les problèmes sur la table sans jamais apporter de solutions. Tout le monde le sait!» a-t-il insisté.

Nadine Morano (UMP) n’accorde «aucune crédibilité» à ce sondage, parce que la candidature de Dominique Strauss-Kahn n’a pas été testée. «Dois-je vous rappeler que le favori des sondages 14 mois avant la présidentielle a toujours été battu, donc ce serait plutôt une bonne nouvelle», déclare la ministre de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle sur RTL.

Laurent Hénart, proche de Jean-Louis Borloo,  y voit, lui, l’effet des débats récemment lancés par le président de la République. «A chaque fois qu’on va sur le terrain de Marine Le Pen, on y emmène nos électeurs et on en laisse une partie, fait valoir député de Nancy. A courir le sprint dans le même couloir qu’elle, on n’est pas sûr d’arriver en tête.»

Le président du Nouveau centre, Hervé Morin, estime que cette enquête est «l’expression d’une réelle déception». Les électeurs se tournent vers le FN car il n’y a toujours «pas de réponse» sur «le pouvoir d’achat», ou encore le «logement, l’éducation, l’emploi» côté gouvernement, a tancé l’ancien ministre sur Canal +.

Pour Georges Tron (UMP), «en 14 mois beaucoup de choses peuvent se passer»… Le secrétaire d’Etat à la Fonction publique plaide que la crise au Proche-Orient a pu faire naître une légitime «inquiétude» des Français «sur les questions que Marine Le Pen utilise sciemment pour faire peur et inquiéter» (sur Europe 1).

Bien que sceptique sur la vérité d’un sondage, Pascal-Eric Lalmy, secrétaire national du PRG, remarque que «le fossé entre les partis républicains et les Français continue à se creuser. Les thèmes du FN s’imposent aujourd’hui dans le débat public et cela est véritablement dangereux».

Très alarmée par la perspective que donne notre sondage, «qui révèle la montée des idées d’extrême droite en France», l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) réclame une «campagne républicaine» contre le Front national.

source : leparisien.fr
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