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Fin du nucléaire en Allemagne : la France ne change pas de cap

Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit plaident pour «un grand débat sur le nucléaire en France».

Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit plaident pour «un grand débat sur le nucléaire en France». |Francois Guillot

Saluée par les écologistes, accueillie avec une extrême prudence par Areva et le Medef : la décision de l’Allemagne d’abandonner le nucléaire d’ici à 2022 provoque le débat en France ce lundi. L’UMP s’élève contre une sortie du nucléaire en France, rappelant que 85% de l’électricité en dépend, contre un quart en Allemagne.

Le PS reste également très prudent, tout en se prononçant pour le développement d’énergies renouvelables et alternatives.

François Fillon a affirmé lundi à Strasbourg que la France «respectait la décision allemande» de renoncer au nucléaire, mais que cela ne l’amenait pas à revenir sur son propre «choix», Paris jugeant que cette énergie constitue une «solution d’avenir».  «Nous pensons que l’énergie nucléaire est une solution d’avenir, notamment par rapport aux engagements que nous avons pris (…) sur la question des rejets de gaz dans l’atmosphère», a-t-il poursuivi.

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a lui estimé que la France ne pouvait se «passer de l’énergie nucléaire» dans les décennies qui viennent.

Interrogée sur Europe 1la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts, Cécile Duflot, souhaite que Paris prenne le même chemin que Berlin. «Evidemment que ça nécessite plus d’efforts, mais c’est tout à fait possible. On est tellement en retard pour les énergies renouvelables en France, qu’on a une marge de progression considérable.» «Il faut sortir de cette intoxication mentale qui nous fait croire qu’il n y a pas d’autre énergie que le nucléaire», a-t-elle ajouté, estimant que «ce qu’il faut, c’est prendre cette décision. L’Allemagne et la Suisse montrent tout à fait qu’on peut faire sans le nucléaire».

Daniel Cohn-Bendit, qui juge que la décision allemande était «une chose annoncée et évidente», plaide pour «un grand débat sur le nucléaire en France». «Je suis absolument persuadé que la réflexion sur le nucléaire en France est sous-développée», souligne le député européen Europe Ecologie-Les Verts. «Il y a toujours un risque non maitrisable et économiquement, le nucléaire n’est pas soutenable et durable», affirme-t-il. «C’est d’ailleurs l’une des grandes négociations qu’il y aura entre les écologistes et le PS pour 2012», prévient Cohn-Bendit.

Benoît Hamon, porte-parole du PS, plaide lui pour que la question soit tranchée par un «arbitrage du peuple français» au moment de l’élection présidentielle. «Maintenant la France n’est pas dans la situation de l’Allemagne», nuance-t-il. Pour la France, il s’agit donc selon lui de «rattraper le retard» pris sur l’Allemagne dans le «développement d’un mix en matière d’énergies renouvelables».

Le numéro 2 du PS, Harlem Désir interrogé sur Canal+ pense que «nous aussi, nous devons nous préparer à la sortie progressive du nucléaire. On a été très bon dans le nucléaire, ça a joué un rôle à un moment. Demain, il faut qu’on soit pionnier dans le solaire, dans la géothermie, dans les éoliennes.» Et d’insister : «Personnellement, je pense qu’il faut se préparer à en sortir, même si ce sera long. Raison de plus pour commencer dès maintenant.»

Le secrétaire national du PS à l’international, Jean-Christophe Cambadélis, a déclaré sur RFI «On voit bien que Mme Merkel est extrêmement fragilisée dans sa coalition et qu’elle cherche l’électorat écologiste.»

La présidente du groupe nucléaire français Areva, Anne Lauvergeon
, est, elle, sceptique sur la mise en oeuvre de la mesure allemande, qualifiée de «totalement politique». Sur BFM Radio, elle n’exclut pas un retournement de situation : «d’ici 2022, il peut se passer beaucoup de choses», prévient-elle. Elle évoque une incertitude juridique, après que le numéro deux allemand de l’énergie RWE a porté plainte contre la fermeture forcée d’un de ses réacteurs. La fermeture déjà effective de sept réacteurs a, selon elle, «entraîné un renchérissement significatif des coûts de l’électricité en Allemagne, avec des conséquences pour la base industrielle installée».

La présidente du Medef, Laurence Parisot, juge, sur RMC/BFM TV, qu’il s’agit d’une «décision tout à fait majeure», qui risque de poser un «problème de compétitivité» pour l’Union européenne à terme. Elle souligne que les Etats-Unis n’ont pas l’intention de réduire leur production nucléaire et que la Chine est en train de la développer. «Est-ce que l’Allemagne fait ce choix tout en sachant qu’elle va continuer à importer du nucléaire de France ? C’est ce qu’on appelle la théorie du passager clandestin. Est-ce qu’il y a au contraire derrière cela un plan gigantesque d’innovation technologique ?» s’interroge-t-elle.

Le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, 
se dit, «pour la France, totalement défavorable». Interrogé sur RTL, il souligne que «la situation de la France et de l’Allemagne vis-à-vis de l’indépendance énergétique n’est pas la même sur le nucléaire. 85% de notre énergie est produite par le nucléaire (…) C’est aujourd’hui un élément majeur de la puissance industrielle de la France».

 

source : LeParisien.fr 

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La France et l’Italie tournent la page de semaines de tension

ROME (Reuters) – Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy ont tourné mardi la page de plusieurs semaines de tension entre la France et l’Italie sur les questions industrielles et d’immigration clandestine.

Le président français a donné un gage de sa bonne volonté en apportant lors du 29e sommet franco-italien son soutien à la candidature du gouverneur de la Banque centrale italienne, Mario Draghi, à la succession de Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque centrale européenne.

« Nous le soutenons parce que c’est un homme de qualité », a expliqué Nicolas Sarkozy, selon qui le président du Conseil italien a pour sa part promis de soutenir la candidature d’un candidat français au directoire de six membres de la BCE.

Le président du Conseil italien et le chef de l’Etat français ont aplani leurs divergences sur les autres dossiers.

Ils ont lancé une initiative commune pour demander la révision du traité européen de Schengen sur la libre circulation des personnes.

Les relations franco-italiennes ont été mises à rude épreuve ces dernières semaines par les conséquences du « printemps arabe » en Afrique du Nord, qui s’est traduit par l’afflux d’au moins 25.000 immigrés illégaux en Italie depuis début 2011.

L’Italie, qui reproche à ses partenaires européens un manque de solidarité, a distribué à ces migrants des titres temporaires de séjour, leur ouvrant la porte du reste de l’espace Schengen. Une mesure critiquée par la France, qui a fait savoir qu’elle n’entendait pas « subir » cet afflux.

Silvio Berlusconi a cependant reconnu que la France accueillait en moyenne cinq fois plus d’immigrés que l’Italie – « Nous sommes tout à fait conscient de ceci », a-t-il dit.

Quelques heures après l’annonce d’une OPA du groupe agroalimentaire français Lactalis sur son concurrent italien Parmalat, les deux hommes ont aussi affiché leur volonté d’enterrer la hache de guerre industrielle.

« Vous avez les meilleures PME et on a des grands groupes puissants », a déclaré Nicolas Sarkozy lors d’une conférence de presse conjointe. « Donc il n’y a pas lieu de se faire une guerre entre les uns et les autres. »

PARIS SOUTIENT DRAGHI

Silvio Berlusconi a refusé de parler d’OPA hostile à propos de l’affaire Lactalis-Parmalat, tout en espérant un accord entre le français et des entrepreneurs italiens pour créer un groupe franco-italien sans aller au bout de cette prise de contrôle.

« Notre voeu commun est de créer de grands groupes internationaux franco-italiens et italo-français qui puissent bien se situer dans la compétition mondiale », a-t-il ajouté.

Un voeu confirmé par Nicolas Sarkozy, selon qui le secrétaire général de l’Elysée Xavier Musca et un collaborateur de Silvio Berlusconi seront chargés de faciliter des accords entre groupes privés français et italiens.

La presse italienne s’est fait l’écho d’une irritation croissante dans la péninsule face aux tentatives de groupes français de prendre le contrôle d’entreprises transalpines. Le gouvernement italien a fait savoir qu’il pensait créer une structure similaire au Fonds stratégique d’investissement (FSI) français pour les défendre.

source : lepoint.fr

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